


L’expression « Être charrette » signifie être débordé dans son travail ou approcher dangereusement de la date de rendu d’un projet ou d’une commande sans l’avoir achevé.
Origine : L’expression est née au XIXe siècle, à Paris, dans le milieu des étudiants en architecture de l’École des Beaux-Arts de la rue Bonaparte. À l’époque, leur discipline y est enseignée aux côtés de trois autres matières, la peinture, la sculpture et la gravure.
Jusqu’à la dernière minute, les étudiants tentent de grappiller quelques instants supplémentaires pour peaufiner leurs réalisations.
Certains étudiants devaient se déplacer et pour tenir le délai imposé du rendu du travail, ils louaient au bougnat – marchand de charbon – sa charrette. Ils y chargeaient « leurs projets de grandes dimensions collés sur châssis » et se dirigeaient vers l’école « au galop » en criant : « Charrette au cul ! » Les étudiants étant en général à la limite de l’horaire butoir, « les élèves ont adopté le mot pour désigner le branle-bas de combat du rendu, la charrette constituant la dernière phase d’un projet achevé après une nuit entière de labeur sans sommeil », évoque La Grande Masse.
Entrée dans le folklore estudiantin des Beaux-Arts, la charrette donne même lieu à des courses entre ateliers, par équipes de trois coureurs, dans l’Entre-deux-guerres. Cinq éditions de ce rendez-vous sportif, resté confidentiel, ont lieu en 1927, 1928, 1934, 1935 et 1936. En parallèle, à chaque rentrée, de nouveaux étudiants subissent à nouveau la pression de la « charrette ». Cette coutume est si bien ancrée aux Beaux-Arts qu’elle donne naissance à une véritable « culture de la charrette », assimilée à un rite de passage de la vie estudiantine.
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